Notre syndicalisme CFDT Postes et Télécoms est lié à l'histoire des Postes Télégraphes & Téléphone (PTT) devenus le 1er janvier 1991 , La Poste et France Télécom , à la suite de la réforme des PTT du 2 juillet 1990 dite "réforme Quilès" , au cours de laquelle la fédération unifiée des PTT CFDT fut un acteur déterminant.
Pour comprendre l'histoire de notre syndicalisme CFDT 3C Isalpin, il faut remonter à l'histoire du mouvement ouvrier et du syndicalisme français pendant la Révolution française.
De la Révolution à 1919, le syndicalisme nait dans la lutte...
Les débuts de notre syndicalisme aux PTT de 1919 à 1932
La période chrétienne de notre syndicalisme aux PTT, de 1932 à 1964
Le syndicalisme CFDT aux PTT, de 1964 à 1990
Le syndicalisme CFDT à La Poste et à France Télécom, de 1991 à 2005
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De la Révolution à 1919, le syndicalisme nait dans la lutte...
Le 14 juillet 1789, la Bastille tombe. Les privilèges sont abolis le 4 août. La royauté est toujours en place et les premiers révolutionnaires n'apprécient pas les revendications du monde du travail.
Voulant supprimer toutes les anciennes entraves, les Constituants, adeptes de la théorie du libéralisme économique ne reconnaissant que l'individu, décident de supprimer les corporations de maitres et les coalitions de compagnons pour donner la libre accession au patronat pour tous. C'est la loi d'Allarde du 2 mars 1791. Mais cette loi crée un vide. Au printemps 1791, compagnons et apprentis en profitent pour s'organiser face à la crise économique.
Les biens du clergé étant vendus aux enchères, ouvriers et paysans pauvres en sont exclus. En plus, la multiplication des assignats entraine une forte hausse des prix. Les grèves se font de plus en plus nombreuses à Paris au cours de ce printemps.
Les ouvriers des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau se rapprochent des Républicains du Club des Cordeliers (Hébert, Marat, etc). Libérés de la tutelle des corporations de maitres, ils fondent des coalitions ouvrières. Ainsi la coalition des compagnons charpentiers tente d'imposer un tarif aux patrons.
Un décret du 20 juillet 1791 étendra ces interdictions aux campagnes, à l'encontre des fermiers, des domestiques et des ouvriers agricoles. Quelques jacqueries éclateront et l'agitation ouvrière républicaine sera réprimée dans le sang lors de la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet.
Une semaine après le vote de la Loi Le Chapelier, c'est la fuite à Varennes du Roi, entrainant son arrestation, jugement et exécution puis la proclamation de la République. Cette loi de 1791, sera abrogée par étapes , en 1864 (la grève), 1884 (les syndicats professionnels) et 1901 (les associations).
La grève, entendue comme la cessation concertée du travail, est reconnue depuis la loi du 25 mai 1864 , dite loi Ollivier, (du nom du chef du gouvernement un tout premier "libéral-populaire"), voulue par Napoléon III, abolissant le délit de coalition créé par la loi Le Chapellier de 1791. Le droit de grève a depuis acquis un fondement constitutionnel, puisqu'il est inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946: " le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui la règlemente". Pour les fonctionnaires, c'est le conseil d'Etat, qui par un un arrêt Dehaene du 7 juillet 1950, avait reconnu ce droit, s'appuyant sur le préambule de 1946.
Aux PTT, le recrutement du personnel féminin connait un réel essor, après 1870 lors du développement du téléphone, et entre 1891 et 1893, avec une féminisation systématique des bureaux de poste, tant à Paris qu'en province. Cette féminisation trouve à l'origine sa justification dans les économies qu'il est nécessaire de réaliser pour "soulager" le budget des PTT. Les dames employées ne reçoivent que les 2/3 du salaire accordé aux employés masculins pour un travail identique.
Le travail des femmes est souvent mal perçu, parfois comme une nécessité temporaire, parfois comme une concurrence déloyale.
Les débuts de notre syndicalisme aux PTT de 1919 à 1932
Notre histoire syndicale aux PTT commence avec la création du syndicat professionnel féminin des PTT, à l'initiative de Marthe Leconte, le 31 juillet 1919 à Paris , en réaction au syndicalisme machiste et anticlérical de la CGT. De 1919 à 1925, il demeure le seul syndicat chrétien, non seulement aux PTT, mais aussi dans toute la fonction publique. très vite dissout, les syndicats étant interdits dans la Fonction Publique. Il poursuit cependant ses activités en devenant l' association professionnelle des dames-employées .
En réaction au syndicalisme anticlérical de la CGT, vont se constituer des syndicats chrétiens. Ils se regroupent, en 1919, en Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), rattachée à la doctrine sociale de l'Eglise catholique.
Après la création du Parti Communiste Français (PCF) en 1920, les communistes se retrouvent minoritaires à la CGT. Ils créent la Confédération Générale du Travail Unitaire (CGTU).
A l'époque du cartel des gauches, issu des élections de mai 1924, grâce à une attitude plus tolérante du gouvernement, le premier nom du syndicat est repris en janvier 1925 "syndicat professionnel féminin des PTT" . Le droit syndical pour les fonctionnaires ne fut que toléré durant toute cette période et ne sera légalisé qu'en 1946.
On ne connait alors ni grille des salaires, ni indice catégoriel. A chaque emploi correspond une échelle de traitement et une carrière. On dénombre 500 échelles, d'où de nombreux heurts entre les catégories, chacun cherchant à obtenir le maximum, les femmes sont désavantagées. Il faudra attendre le lendemain de la guerre pour obtenir une remise générale en ordre des traitements.
Ils seront rejoints par le syndicat professionnel masculin des agents manipulants de PTT en 1932, puis par le syndicat des techniciens des PTT en 1933.
La période chrétienne de notre syndicalisme aux PTT, de 1932 à 1964
Au congrès d'avril 1932, la fédération des PTT adhére à la CFTC .
Réunification de la CGT et de la CGTU le 28 janvier 1936. Victoire électorale du Front populaire le 3 mai 1936. Vague de grèves avec occupations d'usines. Accords Matignon : relèvement des salaires, extension des conventions collectives et institution de délégués du personnel, semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés.
En 1936, la fédération CFTC des PTT se tient en dehors des grèves, essentiellement à cause d'un désaccord profond sur les moyens utilisés, l'occupation des locaux. La CFTC, même si elle n'avait pas appelé à la grève, était présente et soutenait les revendications. Cette période est vécue par ceux qui ont adhéré au syndicalisme à ce moment là, "comme un enracinement dans les luttes sociales, une formation, une naissance au syndicalisme"
Avec le Front populaire en 1938, les PTT passent aux "40 heures" par semaine.
En 1941, la CFTC est hostile à la charte du travail , malgré le soutien à l'initiative de Vichy par une grande partie de la hiérarchie catholique.
Pendant la guerre 40-45 tous les les syndicats CGT et CFTC seront dissout par le gouvernement de Vichy, leurs militants agiront souvent dans la clandestinité, et certains rejoindront la résistance.
Pendant la guerre, au cours des réunions clandestines de la CTFC, on réfléchit déjà à l 'évolution de l'organisation de l'après guerre. Il est proposé de supprimer les syndicats féminins. Une évolution idéologique est aussi en gestation, amorcée, dès les grèves de 1936 et accélérée par la guerre entrainant la perte d'influence du syndicalisme d'inspiration chrétienne au profit d'un syndicalisme plus ouvrier. Cette réflexion aboutira au congrès d'évolution, de déconfessionalisation de la CFTC de novembre 1964.
Des sections départementales CFTC participeront aux grèves très dures de juillet / août 1946, animées par des militants CGT non inféodés au Parti communiste (PC), violemment combattues par la fédération postale CGT sous contrôle du PC, pour défendre les parités externes et exiger des rémunérations et l'indemnité de résidence. Après 15 jours de lutte, ils obtiennent la victoire des parités externes, avec leur reclassement dans l'échelle indiciaire, une augmentation de 25% de l'indemnité de résidence et une prime de 1800(anciens francs) pour tous les fonctionnaires.
Après un quart de siècle d'atermoiements, les fonctionnaires sont enfin dotés d'un statut , voté à l'unanimité par l'assemblée constituante, c'est la loi du 19 octobre 1946 . Face à la volonté hégémonique de la CGT, la CFTC réussit à faire amender sérieusement le projet initial. Sont créés les commissions administratives paritaires (CAP), (élues à la proportionnelle par les fonctionnaires, revendication CFTC s'opposant au scrutin majoritaire de la CGT), les comités techniques paritaires (CTP) et le conseil supérieur de la fonction publique.
En 1947, scission au sein de la CGT PTT avec la création de la CGT-FO PTT.
Le 4 aout 1953, les syndicats CFTC des PTT sont dans les mouvements de grève contre les décrets Laniel remettant en cause le droit à retraite à 55 ans pour les agents classés en service actif et à soixante pour les autres. La grève des PTT est la manifestation d'un mécontentement profond basé à la fois sur l'insuffisance de la rémunération de base, sur la violation du statut, sur les conditions de travail, l'insuffisance des effectifs, le retard des titularisations d'auxiliaires promises depuis le 3 avril 1930, sur le refus de prendre en considération le versement d'une prime de sujétion spéciale etc... ils obtiendront l'obtention l'abandon des décrets concernant le recul de l'âge de la retraite, l'allongement des carrières, la création de la prime de résultat d'exploitation (dite de productivité) de 6000 Fr, non hiérarchisée, attribuée aux titulaires comme aux auxiliaires...
Prenant en compte la guerre froide entre l'Est et l'Ouest, le plan Marshall (aide américaine à la reconstruction du pays) et les nationalisations, le congrès confédéral de la CFTC en 1959 se prononce pour une planification démocratique, tout en gardant des distances avec le modèle des pays de l'Est.
Le syndicalisme CFDT aux PTT, de 1964 à 1990
En novembre 1964, la majorité de la CFTC décide la « déconfessionnalisation » de la centrale chrétienne née en 1919. Eugène Descamps est élu secrétaire général. La CFTC se transforme en CFDT . Toutefois 10 % des effectifs décident de maintenir la CFTC.
Quelques sections de la fédération des autonomes rejoignent la Fédération CFDT des PTT, à la fin de l'année1964.
Dans notre région les 4 syndicats départementaux (Ain, Isère, Savoie et Haute Savoie) CFTC des PTT deviennent lors de leur congrès respectifs les syndicats CFDT des PTT.
La CFDT passe un accord d’unité d’action avec la CGT le 10 janvier 1966 (puis à nouveau en 1970.)
En 1968, la CFDT se donne pour objectif un socialisme démocratique « à base autogestionnaire ».
Au congrès de mai 1980, la fédération CFDT des PTT s'unifie avec la Fédération Nationale des Télécommunications (FNT) et devient la Fédération Unifiée des PTT ( FUPTT ). La FNT, (fédération syndicale autonome) avait depuis le conflit de 1974 engagé un travail de réflexion avec la CFDT concernant l'avenir des télécommunications. Une convergence politique allait déboucher sur la plateforme revendicative (autonomie du budget annexe, titre 5 de la fonction publique...) qui sera mise en oeuvre partiellement à travers la réforme Quilès de 1990.
10 mai 1981, par l'arrivée de la gauche au pouvoir, la CFDT veut faire aboutir rapidement ses revendications prioritaires: RTT, lutte contre les inégalités de salaire et de pouvoir d'achat, droits nouveaux accordés aux salariés, élaboration d'un plan...
En mai 1987, le congrès Metz de la FUPTT CFDT adopte une plateforme revendicative "ce que veut la CFDT pour les PTT" : le titre 5 de la fonction publique avec un plan d'aménagement des classifications, l'autonomie budgétaire pour la défense du service public, évolution vers un statut d'administration d'Etat de type Etablissement Public à caractère industriel et commercial (EPIC) et renforcement de la complémentarité de la Poste et des Télécommunications. La FUPTT CFDT a la volonté de négocier au sein même des PTT.
Le congrès confédéral CFDT de Stasbourg, en mai 1988, élit Jean Kaspar succédant à Edmond Maire. Il entérine l’obligation d’une « adaptation du syndicalisme » face aux mutations économiques et sociales.
Dans notre région des Alpes, SUD PTT développera son influence dès 1989, grâce au travail d'un militant d'extrême gauche issu des rangs de la CGT, muté de Paris à Grenoble, travaillant aux Télécommunications du Réseau National.
Le 1er janvier 1991, les PTT deviennent deux exploitants autonomes de droit public, La Poste et France Télécom.
Le syndicalisme CFDT à La Poste et à France Télécom, de 1991 à 2005
Six mois après le congrès confédéral CFDT, Nicole Notat devient secrétaire générale de la CFDT, en octobre 1992.
Le 31 décembre 1996, France Télécom est transformée en Société Anonyme, un accord de préretraite sur 10 ans (congé de fin de carrière) est signé avec FO et la CFTC permettant de partir dès 55 ans. La FUPTT CFDT ne signe pas cet accord car il s'agit un plan social avec beaucoup de départs et très peu d'embauches.
Le 20 octobre 1997: ouverture du capital de France Télécom, 20% du capital est mis en bourse, pour 182 Fr (27.70 €) par action pour un particulier. C'est un succès: près de 4 millions de souscripteurs. Le cours atteindra son sommet le 2 mars 2000 à 219 € et sera au plus bas le 30 septembre 2002 à 6.94 €
Le 1er janvier 1998, ouverture de la concurrence sur le marché des Télécommunications, en conformité des directives européennes.
En 1998, la part de l'Etat dans le capital de France Télécom descend à 62%, puis à 53%. Ce n'est qu'une loi de décembre 2003 qui autorise l'Etat à passer sous la barre des 50% du capital. En septembre 2004, le gouvernement se décide à vendre une partie du capital, rendant sa part minoritaire à hauteur de 42%, officiellement France Télécom est privatisé. En juin 2007, la vente du capital entrainera la fin de la minorité de blocage de la part de l'Etat français.
Au 45ème congrès confédéral de Nantes, en mai 2002, François Chérèque est élu secrétaire général de la CFDT.
Dès 2003, un processus de travail en commun entre le syndicat CFDT Postes et Télécoms de l'Arc Alpin, le syndicat CFDT Postes et Télécoms de l'Isère et le syndicat PAC Sud Est (syndicat du groupe Dauphiné Libéré), aboutira au congrès de constitution du syndicat 3C Isalpin le 13 décembre 2005 .
L'histoire de la Poste
L’histoire de la Poste commence probablement avec le roi perse Cyrus qui, d’après Xénophon et Hérodote, avait installé vers 500 av. J-C des relais de chevaux sur les routes de son vaste empire.
Plus près de nous, l’empereur Auguste crée pour tout le territoire romain, au Ier siècle av. J-C, le cursus publicus. La course publique consistait en un réseau de relais et d’hôtelleries qui permettait d’acheminer promptement les messages par des courriers.
Avec les invasions barbares, les postes entrent au Moyen-Age dans un long sommeil dont le roi Louis XI les tirera à la fin du XVème siècle.
Le Moyen-Age est le temps des messageries particulières, celles des grands du royaume, des corps organisés comme les villes, les communautés religieuses ou les universités. Le souverain avait ses propres courriers. On les appelait les chevaucheurs de l’écurie du roi. Ils ne transportaient que la seule correspondance du monarque. Les moines attachés au service des abbayes utilisaient les services d’un porte-rouleau. Celui-ci transportait d’abbaye en abbaye une longue bande de parchemin qui s’allongeait au cours du voyage d’accusés de réception. Les rotula annonçaient le décès d’un membre de la communauté. Certains rouleaux atteignaient 16 m de longueur.
Depuis au moins le XIIIème siècle, les universités avaient un service de messagerie utilisé par les étudiants et leurs familles. on distinguait les grands messagers, sortes de parrains qui subvenaient aux besoins des étudiants, des petits messagers qui eux se déplaçaient et apportaient des nouvelles aux familles. Ces petits messagers furent autorisés à se charger de la correspondance des particuliers. Ils dominèrent le commerce des lettres jusqu’à l’apparition de la poste aux lettres au début du XVIIème siècle.
En 1576, Henri III créa des messagers royaux, spécialisés dans le transport des sacs de procédure résultant de l’activité des tribunaux. Ces messages royaux, à ne pas confondre avec les messagers du roi attachés à son service personnel, acheminaient également les lettres des particuliers.
Il existait aussi des piétons et messagers employés par les villes. Les règlements édictés par la monarchie limitaient les droits de chacun, tant messagers de l’université que royaux ou autres usagers de la route. Mais les conflits nés de la concurrence de ces entreprises entre elles demeuraient nombreux. L’apparition de la poste aux lettres au début du XVIIème siècle ne fera qu’aviver les rivalités.
On appelle ’poste aux lettres’ cette administration dirigée par le surintendant général des postes qui comprend les directeurs des bureaux de poste et les courriers qui acheminent les dépêches d’un bureau à l’autre. Les directeurs encaissent le prix de la lettre qu’ils réclament au destinataire. Les courriers utilisent les relais de la poste aux chevaux, organisation qu’avait ressuscitée Louis XI vers 1477. Eux seuls -les courriers- parcourent toute la ligne et changent de chevaux à chaque relais. Ils sont accompagnés d’un postillon chargé de les guider jusqu’au relais suivant et de ramener les chevaux ’à vide’ à leur relais d’origine.
l’époque de Louis XI, les relais de poste étaient distants de 7 lieues soit 28 km, d’où les fameuses bottes de 7 lieues qui inspirèrent Charles Perrault. Ces lourdes bottes chaussées par le postillon frappaient la curiosité des voyageurs étrangers.
Au XVIIIème siècle, la distance moyenne entre 2 relais est de 16 kilomètres. Une lettre expédiée de Paris met 2 jours et 8 heures pour atteindre Lyon, un peu plus de 4 jours pour Marseille. On comptait à cette époque environ 1400 relais de poste. Ceux-ci étaient la propriété des maîtres de poste, presque tous cultivateurs, qui louaient des chevaux aux courriers mais aussi aux voyageurs pressés. Seuls ils avaient le privilège de faire galoper leurs chevaux, d’où l’expression ’aller en poste’ qui signifie ’aller au galop’. Les messagers quant à eux ne pouvaient aller qu’au pas ou au trot et ne voyageaient que de jour contrairement aux courriers de la poste aux lettres qui voyageaient également de nuit et avaient priorité de passage sur la route.
En 1672, Louvois, alors surintendant général des postes, crée la ferme générale des postes. Jusqu’alors exploitées par des maîtres des courriers, sortes de directeurs régionaux, les postes sont désormais gérées par un seul individu : le fermier des postes. En réalité, le fermier des postes était l’homme de paille de puissantes compagnies de financiers qui se succéderont à la tête de l’administration jusqu’à la Révolution.
Moyennant finance, le fermier achetait au roi le droit exclusif d’exploiter les postes et d’en percevoir les revenus. Les cautions de la ferme des postes b’tirent ainsi des fortunes considérables sur le produit des lettres, tandis que le roi ne pouvait compter que sur le prix du bail qu’il tentait d’augmenter à chaque renouvellement. La ferme des postes qui détient le monopole rachète alors les messageries royales et celles de l’université. La ferme des postes avait porté tous ses efforts sur l’acheminement des lettres et l’encaissement des taxes mais ne s’était guère préoccupée de distribution. Elle ne s’intéressait pas davantage aux lettres nées dans la ville et à distribuer dans la ville jusqu’au jour où Piarron de Chamousset, un philanthrope, eut l’idée de créer en 1760 à Paris une petite poste, c’est-à-dire un service de collecte et de distribution du courrier urbain. Le facteur de ville était né.
A Paris, 200 facteurs agitaient leur claquoir pour avertir de leur passage et assuraient 3 distributions par jour. Constatant les profits que Chamousset tirait de la petite poste, la ferme agrégea l’invention de son initiateur à la grande poste en 1780. A la Révolution, la ferme est supprimée, les postes sont mises en régie et administrées directement par l’Etat. La tourmente révolutionnaire engendre des troubles dans le service des postes : les directeurs des postes sont désormais élus ; les villes portant dans leur nom un rappel de la royauté ou de la religion sont débaptisées : Bourg-la-Reine devient Bourg-Egalité, Saint-Malo devient Port-Malo. On condamne avec force la violation du secret de la correspondance ’l’une des plus inf’mes inventions du despotisme’ dira le comte de Clermont-Tonnerre.
La Révolution est aussi l’époque où apparurent les malles-poste dans lesquelles des voyageurs fortunés et pressés pouvaient prendre place au côté du courrier. Avec l’utilisation de la vapeur, la Poste va accélérer l’acheminement des dépêches. Dix paquebots-poste à vapeur parcourent la Méditerranée en 1835. En 1845, un wagon-poste est mis en service sur la ligne Paris-Rouen. Il sera le premier d’une succession de nombreux modèles de bureaux ambulants. En 1873, lorsque la poste aux chevaux disparaît au profit du transport par chemin de fer, il existait 54 lignes, puis en 1914, 175 lignes.
Avec le XIXème siècle commence l’ère des réformes. A partir de 1830, les campagnes jusque là négligées, reçoivent la visite du facteur. C’est en 1849 qu’est émis le premier timbre-poste à l’effigie de Cérès, déesse des moissons, à laquelle succédera le profil de Napoléon III en 1852. Désormais, le prix de la lettre varie en fonction du poids et non plus de la distance. Le nombre des lettres expédiées double de 1848 à 1859.
La guerre de 1870 et le siège de la capitale qui isole les Parisiens de la province vont obliger ceux-ci à trouver des moyens de communiquer. On utilise alors des ballons-montés. Près de 11 tonnes de courrier seront ainsi acheminées par la voie des airs au moyen de 65 ballons. Des pigeons également apporteront à Paris des nouvelles de la province gr’ce aux milliers de dépêches microfilmées que l’on fixera à leur queue. Projetées sur un écran par un appareil muni d’une lentille grossissante, les lettres étaient retranscrites sur papier et remises à leurs destinataires
Des boules de zinc, étanches, jetées à la Seine devaient également transporter des lettres. Elles devaient être récupérées dans un filet tendu en travers du fleuve. Mais aucune n’arriva à destination pendant la durée du siège. L’année 1870 verra une innovation remarquée : la carte postale. Mais il faudra attendre 1889 pour voir les premières cartes postales illustrées.
En 1879, l’Administration des Télégraphes jusqu’alors sous tutelle du ministre de l’Intérieur, fusionne avec celles des postes. Depuis le télégraphe aérien des frères Chappe né sous la Révolution, des progrès prodigieux ont été accomplis dans le domaine des télécommunications.
Dans les années 1840, le télégraphe électrique vient remplacer le télégraphe optique. Devant l’accroissement du trafic télégraphique, l’Administration des postes créé à Paris un réseau de transport souterrain : c’est le pneumatique inauguré à Paris en 1866. Des boîtes cylindriques propulsées par injection d’air parcourent des tubes disposés dans les égouts.
Dans les années 1880, l’Administration des postes et télégraphes développe le réseau téléphonique et étend ses activités. Elle gère, à partir de 1881, la Caisse nationale d’Epargne et en 1918 les chèques postaux sont créés.
Le XXème siècle s’ouvre sur l’aventure aérienne. En 1911, le pilote français Henri Péquet s’envole au-dessus du Gange, en Inde, avec 15 kg de courrier. On retiendra surtout les noms de Mermoz, qui a traversé l’Atlantique sud en 1930, celui de Saint-Exupéry, celui encore de Guillaumet, et on n’oubliera pas tous ces pionniers de l’aéropostale qui ont laissé leur vie afin d’acheminer le courrier coûte que coûte.
Depuis plus de 4 siècles, la Poste n’a cessé d’adapter ses structures aux besoins de la communication.
Histoire de France Télécom
Avec le réseau de Chappe se met en place, non seulement un réseau organisé et hiérarchisé de télécommunications, mais aussi une administration. Une loi instaure, en 1837, le monopole d'État sur le réseau de télégraphie optique qui servira de base à l'élaboration du statut juridique des systèmes de communications futures. Dans un premier temps, les services de télécommunications sont rattachés au ministère de l'Intérieur.
A partir de 1878, avec la création d'un ministère des Postes et Télégraphes, l'administration des télégraphes est absorbée par les services postaux. Jusqu'au début des années 1970, les services de télécommunications n'ont qu'une importance relative au sein de l'organisation globale de l'administration.
Lorsque le téléphone apparaît, en France, en 1878, il est concédé à une société privée. En 1889, le téléphone est nationalisé, mais est rattaché au télégraphe, au sein du "service du matériel et de l'exploitation électrique". Ce n'est qu'en 1909 que sont créées deux directions recouvrant clairement les activités de télécommunications : une direction de l'exploitation télégraphique et une direction de l'exploitation téléphonique.
Il faut attendre la seconde guerre mondiale pour que les Pouvoirs Publics prennent conscience de l'importance de la recherche et du développement en télécommunications. En 1941, la Direction des Télécommunications est créée au sein du ministère des PTT, ce dernier ayant gagné son deuxième T pour "téléphone" en 1923. Le Centre National d'Études des Télécommunications (CNET) voit le jour en 1944. On assiste, ainsi, à la reconnaissance de la spécificité des services de télécommunications, même s'ils restent sous l'emprise des services postaux.
Dans les années 1970, face à une demande en équipements téléphoniques de plus en plus croissante un réaménagement des structures est mise en place. Le rôle de la Direction Générale des Télécommunications (DGT) est affirmé et un service du personnel distinct de celui de la Poste reconnaît la spécificité des métiers et des carrières aux Télécommunications. L'autonomie des Télécommunications s'amorce. En 1988, la DGT prend le nom de France Télécom. Mais ce n'est que le 1er janvier 1991 que France Télécom devient exploitant autonome de droit public.
Si France Télécom est née officiellement le 1er janvier 1991, son histoire remonte à plus de deux siècles. Le réseau Chappe donne naissance à un corps de "télégraphiers" qui s'empare rapidement d'un esprit de service public.
La spécificité de France Télécom se comprend par l'ensemble de "savoir faire" qui la compose. L'apparition du téléphone et de la télégraphie sans fil donne naissance à des réseaux de communication qui vont couvrir progressivement l'ensemble de la planète.
Ces techniques et ces réseaux font naître de nouvelles compétences et de nouveaux métiers qui supposent une constante adaptation aux différentes innovations. Les "demoiselles du téléphone" sont confrontées à partir des années 1920 à l'automatisation des centraux téléphoniques. De nouveaux métiers de plus en plus techniques émergent, comme les régleurs, les "lignards" ou encore les hommes de la radio et des ondes.
Puis c'est l'électronisation du réseau qui bouleverse une fois de plus les métiers des télécoms. A tous niveaux, un intense effort de formation est développé. Le changement de numérotation, le 25 octobre 1985 démontre une forte mobilisation de tous et un nouveau défi relevé.
Depuis peu, la déréglementation née outre-Atlantique et l'essor continu de nouveaux produits et services comme le Minitel, les mobiles ou l'Internet font émerger une nouvelle dimension, celle du commercial.
Dans les années 1980, les télécoms disposent d'un réseau bien implanté et techniquement performant. Ils amorcent une phase de développement et veulent proposer autour du téléphone une gamme étendue de produits et de services nouveaux.
De la télématique au câble, en passant par les satellites toutes les voies de la télécommunications sont explorées. En 1978, les télécoms profitent de leur maîtrise des techniques de transmission numérique et ouvrent Transpac, le premier réseau de transmission de données par paquets.
De la convergence des télécommunications et de l'informatique, ils se lancent dans l'aventure de la télématique et proposent en 1983 le Minitel. Les efforts se tournent aussi vers deux nouveaux secteurs de pointes. En 1981, à Biarritz la fibre optique est expérimentée comme support de transmission. En 1984, fort de la réussite de Pleumeur Bodou, le premier satellite de télécommunications français Télécom 1A est lancé.
Les débuts de la radiotélécommunication s'effectuent, en 1986, avec l'ouverture du service "Radiocom 2000" qui permet de communiquer avec des correspondants en voiture. Et en 1991 l'ouverture du réseau expérimental GSM va permettre le développement du téléphone mobile numérique européen, Orange.
A l'aube du XXIème siècle, les télécommunications confirment leur lien avec le monde informatique entamé dans les années 1970 et commencent leur rapprochement avec le secteur audiovisuel pour donner naissance à la société multimédia.
Du câble au satellite en passant par la diffusion hertzienne terrestre, France Télécom s'est déjà positionnée comme un partenaire essentiel du système audiovisuel français. Aujourd'hui, elle entend élargir ses activités et devenir progressivement un opérateur global. France Télécom se dote ainsi d'une gamme complète de prestations dans l'audiovisuel et le multimédia, en offrant de nouveaux produits et services tels que la visioconférence, le réseau Numéris ou encore son offre d'accès à Internet, Wanadoo. Enrichir et développer des services qui fassent converger le transport d'information, son contenu et son traitement devient le principal objectif.
Préparer l'avenir, c'est aussi communiquer à l'échelle du monde.Dans cette perspective, en 2000, France Télécom est devenue l'actionnaire unique de Global One, opérateur mondial pour les grandes entreprises, et a acquis l'opérateur mobile britannique Orange, pour constituer le deuxième réseau mobile européen.
1991
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